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LA RABOUILLEUSE D'ISSOUDUN

MAINTENANCE ET EXPRESSION DES ARTS ET TRADITIONS DU BERRY

Colloque du 7 mars à Argenton (Indre)

 

Documents de présentation et programme du colloque « Berry, Bresse et Bretagne : le costume à la croisée des chemins (collectes, identités et muséographie) » organisé le samedi 7 mars 2015 au Musée de la Chemiserie et de l'Elégance masculine d'Argenton sur Creuse par le groupe d'arts et traditions populaires la Rabouilleuse d'Issoudun et les groupes de la Guérouée de Gâtines de Valençay et des Thiaulins de Lignières, avec l'aide et l'appui de la direction du musée de la Chemiserie et du Centre de Réflexions, d’Études et de Documentation de l'Indre.

Ce colloque prolonge le travail présenté à Issoudun du 15 juin au 6 juillet 2014 lors de l'exposition « l'habit ne fait pas le moine » et dans l'ouvrage du même nom publié en novembre 2014 (http://la-rabouilleuse.fr/Publications.html). C'est l'occasion de faire un point sur les connaissances actualisées sur la vêture populaire berrichonne et les représentations qui y sont liées, tout en croisant les approches et les regards avec deux autres provinces au patrimoine textile riche et diversifié, la Bresse et la Bretagne.

Amaury BABAULT
co-organisateur du colloque et vice-président de la Rabouilleuse d'Issoudun

Affiche et programme

Berry, Bresse et Bretagne : Le costume à la croisée des chemins…
(collectes, identités, muséographie)

9h : Accueil au Musée de la Chemiserie et de l'élégance masculine par Nathalie Gaillard, Attachée de conservation du Patrimoine.


9h30 : Daniel BERNARD
Connaître et valoriser le « costume berrichon » : sources, méthodes de recherche et acteurs
Pour sortir de la caricature et aboutir à une véritable patrimonialisation du costume régional, Daniel BERNARD propose un inventaire des sources permettant de l’appréhender comme objet d’histoire, entre tradition et évolution. Il fera le point sur soixante ans « d'histoire et de non-histoire » du costume berrichon en évoquant les différentes étapes dans la connaissance du costume traditionnel. Docteur en anthropologie sociale et historique, Daniel BERNARD est reconnu aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes de la société rurale et des arts et traditions populaires du Berry. À la suite de Jean Favière, il s’est penché sur l’analyse ethno-historique du vêtement populaire en Berry en posant les jalons d'une approche rigoureuse des pratiques populaires vestimentaires. Formé par Pierre Panis, il est le président de la Guérouée de Gâtines de Valençay depuis 1986. Il a insufflé dans cette association une valorisation des vêtures traditionnelles, tant au niveau du spectacle que des expositions.


10h : Christophe SAMAIN
Les costumes des habitants de la région levrousaine au début du XIXème siècle
Christophe SAMAIN présentera les résultats d’une étude des vêtements des habitants du pays levrousain au travers des données recueillies dans les inventaires après décès établis par les notaires de Levroux lors des trois premières décennies du XIXème siècle. Les diverses pièces constituant les garde-robes seront passées en revue. La source utilisée permet aussi de suivre l’évolution dans le temps des façons de se vêtir et de connaître les tissus employés, le choix des couleurs et quelques mentions d’éléments de parure.
Professeur d’anglais, vice-président du groupe d’arts et traditions populaires la Guérouée de Gâtines de Valençay, Christophe SAMAIN se passionne pour les costumes traditionnels des provinces de France, en particulier du Berry. Il termine actuellement une étude fort sur documentée sur les chansons traditionnelles de cette province.


10h30-10h45 : questions et débat


10h45-11h : pause


11h : Geneviève BAUDIMANT
Les coiffes du pays de La Châtre (XIXème et première moitié du XXème siècle) : du mythe sandien et régionaliste aux réalités de terrain La coiffe dite « carrée » de La Châtre est devenue progressivement l'emblème mythique d'un territoire et d'un terroir : la Vallée Noire. Il s'agit de faire le point sur les connaissances des coiffes de cette partie du Berry (port, confection et entretien) tout en s'émancipant de la référence sandienne omniprésente en
Berry, prisme d'autant plus déformant qu'il est romancé et très idéalisé au XXème siècle.
À 17 ans, Geneviève Baudimant entre chez les Thiaulins, alors qu’ils viennent de s’installer au château du Plaix sur la commune de Saint-Hilaire-en-Lignières. Au contact de Roger Péarron, fondateur du groupe et maître du lieu, qui veut faire du Plaix un musée et un lieu où poser ses premières collections ethnographiques, elle découvre la reconnaissance et la valorisation de la culture paysanne dont elle est issue. Elle participe au collectage des années 1960 et 1970 : rassembler, trier, comparer, photographier…
Plus tard, elle s’intéresse au costume et plus particulièrement aux coiffes. Elle est aujourd'hui vice-présidente des Thiaulins de Lignières.

11h30 : Hélène LARVOR-CARIO
Broderie populaire en Bretagne : d’hier à aujourd’hui
L’art d’orner le vêtement existe de tout temps dans tous les peuples du monde. Ethnographiquement, c’est un art-artisanat universel, intimement associé à l’art du paraître populaire, aristocratique ou lié au divin. En Bretagne, le costume traditionnel s’est diversifié au XIXème siècle et au début du XXème siècle de manière exceptionnelle, avant de disparaître de la vêture quotidienne. Broderies et dentelles ont largement contribué à l’ornement, à la diversification et au rayonnement de ces mises populaires.
Intégrant les nouveaux matériaux et les nouvelles techniques, nombre de petites mains anonymes
(tailleurs, brodeurs, dentellières) ont exprimé des talents de stylistes inventifs, encore reconnus
aujourd’hui. Forte de ses racines, la broderie bretonne connaît un renouveau par des associations, des cours, des cercles celtiques où chacun peut apprendre les gestes et les techniques afin de réaliser un costume traditionnel ou de « customiser » son vêtement.
Docteur en Biologie marine et professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, Hélène LARVOR-CARIO se passionne pour l’art textile et la broderie. Son aventure commence à 6 ans, sous les regards encourageants de sa mère et de sa grand-mère, elles-mêmes brodeuses amateurs. Entrée au cercle celtique de Douarnenez à 14 ans, elle hérite du costume de mariage (1900) d’une arrière grand-mère du Juch. Travaux de restauration et reconstitutions de pièces anciennes lui font découvrir de nouvelles techniques et la plongent dans la broderie bretonne. C’est donc par la pratique qu'elle aborde ce sujet qui deviendra sa passion. Parallèlement à ses études scientifiques, elle continue à broder. Elle passe une
qualification de moniteur de broderie avec l’association Warl' Leur et participe à des cours et des stages comme professeur. Elle a publié deux ouvrages remarquables : Broderie en Bretagne, avec Viviane Hélias, en 2007 et Dentelles en Bretagne, en 2008 En 2011, elle participe à la réalisation de l’exposition Brod’Enez au Château de l’Hermine à Vannes, avec le concours de l’Institut Culturel de Bretagne.


12h-12h15 : questions et débat


12h15-14h : repas libre


14h : Michel GUILLERME
Une moitié du pays breton trop souvent oubliée dans le domaine des Arts et Traditions populaires : la Haute-Bretagne
Aussi vaste que le Danemark, la Bretagne, à l'identité marquée dans son ensemble, rassemble
néanmoins deux entités de taille similaire qui offrent des terroirs et des cultures diversifiés et
sensiblement contrastés : la Basse-Bretagne, celtique et bretonnante, à l'Ouest et la Haute-Bretagne, celtique et romane (de langue d'oïl) à l'Est. D'apparence moins « exotique » et plus ouverte, par sa position géographique, aux influences dites françaises, la Haute-Bretagne a très souvent été ignorée, délaissée voire méprisée par les regards de l'intérieur comme ceux de l'extérieur. Cela dure depuis le XIXème siècle alors que le vestiaire haut-breton est tout aussi riche et diversifié que son voisin basbreton, davantage mis en avant par les clichés touristiques et régionalistes.
Chercheur, spécialiste des danses et costumes de haute-Bretagne, Michel GUILLERME est référent à la Confédération Kendalc'h plus particulièrement pour les terroirs de Penthièvre et du Comté nantais.


14h30 : Romain BOURGEOIS
Sources, stéréotypes et recherches sur le costume régional entre Bresse et Mâconnais
Connu dans les illustrations depuis le XVIème siècle, le costume bressan ne cesse d'évoluer dans sa représentation, au service de l'image d'un territoire, de revendications régionalistes, du tourisme ou encore de la publicité, parfois sous des formes stéréotypées plutôt insolites. L'analyse des sources iconographiques et des collections publiques et privées révèlent pourtant des costumes très diversifiés, aux codes variant subtilement d'un « pays » bressan à l'autre, selon les époques ou les circonstances socio-économiques. Peu connu du grand public, comparés aux tenues provençales, bretonnes ou alsaciennes, le costume bressan revêt une grande richesse. Il s'agit de présenter l'histoire de sa perception jusqu'aux recherches les plus récentes et le travail actuel au sein de musées ou d'associations pour le faire connaître.

Titulaire d'un DEA en Histoire de l'art, Romain BOURGEOIS se passionne pour l'interdisciplinarité,
notamment entre art « officiel », arts populaires et courants régionaux. Membre actif de groupes
folkloriques depuis plus de vingt ans, il a collecté les savoir-faire liés au repassage des coiffes en Bresse et en Mâconnais. Il a dirigé les Musées de Châtillon-sur-Chalaronne (Ain) avant de prendre la tête du Musée du Terroir à Romenay (Saône-et-Loire), qui possède près d'un millier de pièces de costumes régionaux.


15h : Amaury BABAULT
L'Arlésienne berrichonne : à la recherche du costume perdu ?
Depuis plus d'un siècle, il n'est pas ou peu connu de costumes dits « berrichons » hormis la blouse
bleue, le foulard en pointe et le petit chapeau de feutre pour l'homme et la coiffe brodée et le fichu plié sur les épaules pour la femme… Quelques pièces vestimentaires (la blouse bleue ou l'ample limousine rayée masculines, la capiche de drap bleu ou noir féminine) sont perçues et affirmées comme particulièrement typiques et représentatives de l'habillement des anciens berrichons, alors qu'elles ne l'étaient pas réellement ou systématiquement. Comment expliquer ce fossé entre cette imagerie stéréotypée et la richesse et la diversité des anciennes pratiques vestimentaires ? C'est l'accumulation et le croisement de regards parallèles et parfois concurrents (ethnographie, régionalisme, tourisme…) qui ont construit l'identité « habillée » du Berry souvent réduite à un costume unique et du coup en partie artificiel.
Membre depuis son enfance, des groupes d'arts et traditions populaires la Rabouilleuse d'Issoudun et les Thiaulins de Lignières, titulaire d'une maîtrise d'histoire contemporaine et enseignant d'histoiregéographie, Amaury Babault s'intéresse à la culture populaire berrichonne et plus particulièrement la danse, la musique, le chant et le costume. Travaillant sur les pratiques et les représentations vestimentaires berrichonnes depuis vingt ans, il approfondit les pistes de recherches posées par Jean Favière et Daniel Bernard. Plusieurs expositions temporaires lui permettent de présenter régulièrement les résultats de ses recherches : En Berry, se vêtir et s'habiller beau (2011-2012) présentée en deux volets annuels au château du Plaix avec les Thiaulins de Lignières, le vestiaire des âges de la vie (2004), 200 ans de costume en Berry (2009) et l'habit ne fait pas le moine (2014) présentées dans les locaux de la Rabouilleuse d'Issoudun. Il vient de publier L'habit ne fait pas le moine ? (pratiques et imaginaire vestimentaires dans le pays d'Issoudun et en Berry depuis la fin du XVIIIème siècle).


15h30-16h : questions et débat


16h-16h15 : pause


16h15 : Nathalie GAILLARD
Pour une bonne conservation des collections textiles : de la théorie à la pratique
Les tissus et vêtements sont fragiles. La lumière, les insectes peuvent être des causes de dégradations rapides et définitives. C'est pourquoi il est nécessaire de prendre certaines précautions tant au niveau du stockage que de la présentation au public. L'objectif de cette intervention est de sensibiliser les amateurs et collectionneurs textiles à la conservation préventive grâce à des méthodes simples et faciles à mettre en oeuvre dans le cadre individuel ou associatif.
Après des études en documentation et en histoire de l'art, Nathalie Gaillard est recrutée au Musée de la Chemiserie et de l'Élégance masculine d'Argenton-sur-Creuse en 1989 pour l'inventaire et la gestion des collections. Elle a suivi de nombreuses formations sur la conservation et notamment la conservation textile. Depuis 2004, Elle est attachée de conservation du Patrimoine et elle dirige le Musée. Elle propose de nombreuses expositions d'art textile ou de thèmes plus proches des collections permanentes.


16h45 : Questions et conclusion de la journée puis visite du musée de la Chemiserie et de
l'élégance masculine commentée par Nathalie Gaillard.